
Sommaire
Un peu de technique pour comprendre...
La menace pour l'industrie du disque
L'épopée Napster
L'après Napster
La révolution du Multimédia numérique avance à la vitesse de la progression des techniques de compression, et elles progressent très vite !
MP3 est l'abréviation de MPEG1 Layer3. C'est une famille de standards de compression de signaux audio. Les performances sont spectaculaires puisqu'on atteint des taux de compression 8:1 à 12:1 pour la musique ou 16:1 pour la voix sans dégradation audible de la qualité sonore.
La référence en matière de qualité de son numérique est le CD audio. La fréquence
d'échantillonnage est de 44,1 KHz sur 16 bits en stéréo ce qui donne un débit de
44 100 * 16 * 2= 1 411 200 bits/seconde
Un heure de musique représente donc de l'ordre de 640 M octets, la capacité usuelle
d'un CD-Rom. Compressé en MP3 sans perte de qualité audible, le même CD ne pèse plus
que 50 M octets. Il devient ainsi possible de stocker 12 heures de musique d'excellente
qualité sur un CD enregistrable ou de se constituer une Cd-Thèque sur
disque Dur. Un disque de 40 Go coûte 150 euros et permet de stocker 800 CD complets en
accès direct. Cette technique présentait au début une contrainte : pour lire, il faut
décompresser les signaux ce qui nécessite un PC avec une puissance CPU de l'ordre d'un
Pentium 100. Le premier lecteur MP3 sur PC avec de bonnes performances a été WINAMP
. Le fait que Microsoft, prêt à tout pour satisfaire les utilisateurs, ait
intégré le standard MP3 dans la version de son Médiaplayer
est le
test infaillible du succès de ce standard. Pour s'affranchir de la nécessité d'avoir un
PC, de nombreuses sociétés commencent à proposer des baladeurs portables et des
équipements pour voitures qui lisent des fichiers MP3. Le plus ancien le RIO mérite une visite sur son site
.
La plupart des lecteurs DVD de salon acceptent aussi les CDs .mp3.
Toute une gamme de logiciels freeware et shareware existent pour extraire les
fichiers audio en numérique (.wav) des CDS puis les compresser en fichiers .mp3.
Une machine puissante est indispensable sauf si on n'est pas pressé.
Dans la série des outils du genre couteau suisse, de nombreux logiciels
permettent de créer, archiver et jouer des .mp3. MusicMatch
,
gratuit, est un des plus agréables.
Une visite sur le site MP3.com
est le point de départ
de tout néophyte en la matière. Il existe un site français que vous pouvez
consulter www.francemp3.com
.
Un certain nombre de sites comme
Nordic Downloadable Music Site (DMS) ©
permettent d'acheter de la musique, au
détail, chaque titre de quelques minutes étant proposé à un prix moyen de 1.5 $.
Il est évident qu'un tel système échappe aux circuits traditionnels de distribution des CDs. La législation reste la même que pour les CDs. Un utilisateur individuel a le droit de compresser les CDs qu'il a régulièrement achetés pour son propre usage mais la duplication, la location, le prêt ou l'utilisation pour une diffusion publique sont interdits sauf autorisation. Un système qui permet de diffuser de la musique de bonne qualité à des coûts moins élevés attire cependant à la fois les utilisateurs qui veulent payer moins cher la musique et certains artistes qui voient un futur plus rose dans ce nouveau monde. Internet permet de contourner le système de distribution traditionnel et abaisse la barrière d'entrée de quelques dizaine de milliers de francs à quelques centaines de francs.
Comment réagiront les circuits traditionnels ? Il y a gros à parier que les utilisateurs qui ont goûté à cette nouvelle liberté n'accepteront plus des systèmes qui réduisent leur liberté d'action.
l'événement de l'année 2000, c'est la consécration définitive du .mp3
comme standard de diffusion de la musique avec l'épopée Napster
.
Napster est un catalogue central qui permet aux internautes d'échanger des
fichiers .mp3 sur Internet. Le succès a été immédiat et le trafic Internet
engendré par cette activité a causé de nombreuses perturbations. Comme les
fichiers .mp3 ne transitent pas par le serveur, mais directement entre
internautes selon les techniques peer-to-peer
, Napster pensait rester conforme à la loi, sinon dans l'esprit mais
au moins dans la lettre. Après plusieurs échecs, la RIAA
(Recording Industry Association of America) a gagné son procès et a
obtenu la fermeture du site. Lors de la première menace de fermeture, la
riposte des internautes s'est organisée en quelques jours : Gnutella
.
Le catalogue n'est plus sur un seul serveur, il est distribué sur tous les PCs
connectés : un système conçu pour survivre à la fois à une guerre nucléaire
et à une armée de "lawyers"... comme il est indiqué sur le
site. La RIAA a de quoi s'occuper.
L'interdiction de mettre dans son catalogue des titres de chansons avec
copyright a signé l'arrêt de mort de Napster qui est actuellement fermé. Immédiatement
des dizaines de Napster-bis se sont développés, dont certains comme AudioGalaxy
satellite
ou MusicCity
Morpheus
ont un succès qui dépasse de loin celui de Napster. La RIAA a du
pain sur la planche. A suivre...
Jean-Paul Figer
© Jean-Paul Figer,1995-2007
Lorsque je n'écris pas des articles sur l'informatique, je travaille à Capgemini. Les opinions exprimées dans ces articles n'engagent que moi et ne représentent pas forcément la position de Capgemini.
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