Sommaire
Une petite histoire de Flash Video ou la "mort" des lecteurs vidéo
Quelques conseils pour utiliser Flash video
Et demain ?
Dans Quoi de neuf ? n°30 d'août 2006, j'avais décrit l'incroyable succès de YouTube
qui a fait exploser l'usage de la vidéo sur Internet. Ce n'est pas un hasard. Le site est très bien fait et il utilise parfaitement les technologies de l'Internet. Cependant, il cache une révolution technologique - Flash vidéo -.
La première partie de cet article décrit l'ascension de "Flash video" qui est une bonne part du succès de YouTube et de ses imitateurs.
La deuxième partie vous donne quelques conseils utiliser cette nouvelle méthode de difusion de l'information avec une panoplie d'outils gratuits.
Windows Media player, Real Player et Quicktime d'Apple se battaient depuis 10 ans pour obtenir la suprématie de la lecture vidéo sur le poste de l'utilisateur. Ils ont littéralement disparu du marché en 2006, balayés par la technologie Flash video. Ils n'ont pas compris l'importance de la montée en puissance des standards de l'Internet. En particulier, la page Web est devenue un contenu contrôlé par son auteur. Avec la croissance du web et la baisse du coût des connexions haut débit, il était devenu intolérable qu'un contenu Vidéo soit lu en dehors de son contexte dans un lecteur comme Windows Média Player ou Quick Time. Il était aussi intolérable qu'il faille attendre que le fichier complet soit téléchargé pour en débuter la lecture. Et encore plus intolérable d'avoir à rechercher le bon codec propriétaire. Les développeurs HTML ne supportaient pas non plus d'apprendre des technologies propriétaires (TIME, SMIL,..) pour inclure des vidéos dans leurs pages.
Dès que les réalisateurs de sites web ont regardé la vidéo, non plus comme de la "vidéo" mais comme du "contenu", le mouvement en faveur du Flash player et de Flash video est devenu irrésistible. Fin 2006, 97.3% des PC sont équipés d'un lecteur Flash Video.
Comme souvent dans le logiciel, ce n'est pas une mais une série d'améliorations techniques qui ont permis la montée en puissance du Flash video. Au début des années 2000, on pouvait intégrer une série d'images vidéo dans un lecteur Flash sur la chronologie du montage ("rotoscoping") tel le cinéma des frères Lumière. Puis est arrivé le Flash MX et l'adoption du format FLV pour la vidéo. Ce format FLV était produit par le codec Spark de Sorenson Media
. A la même époque Sorenson développa un Codec FLV autonome Squeeze
utilisé pour produire des vidéos au standard FLV. Il restait cependant un gros problème avec Flash Video : la vidéo était intégrée dans un gros fichier SWF qui prenait beaucoup de temps à charger. Cependant, les utilisateurs n'était pas trop mécontent car pour la première fois, on voyait de la vidéo intégrée dans la page.
L'amélioration suivante a été apportée par Flash professional MX 2004. La vidéo n'était plus intégrée dans la chronologie Flash mais pouvait être lue à partir d'un serveur web de streaming. Inclure de la vidéo dans un site web n'était plus une affaire de professionnels mais pouvait être réalisé à l'aide de quelques clics de souris.
Une autre société, ON2 Technologies
développa un Codec TrueMotion VP6 qui pouvait être utilisé pour de la diffusion.
L'adoption massive par les utilisateurs a débuté au début de l'année 2006. Flash professional 8
et le codec ON2 VP6 fournissaient une qualité vidéo bien supérieure ansi que l'utilisation du canal Alpha [Alpha channel]. Le canal Alpha permet, entre autres, de réaliser des transparences comme pour le clip vidéo de la société ON2 que j'ai intégré par un clic de souris dans cette page.
Les deux sites de vidéos les plus regardés sur l'Internet -YouTube et MySpace- utilisent cette technologie. Technologie nouvelle en 2004, Flash video est devenu le standard de la vidéo sur Internet moins de deux ans plus tard. C'est la technologie qui s'est déployée le plus rapidement sur l'Internet.
Il faut bien sûr créer ou utiliser une vidéo. Voir sur ce site Le montage vidéo sur PC. Ensuite, c'est presqu'aussi simple que d'insérer des images dans des pages web.
mais c'est 836 euros début 2007. Ce n'est donc pas à la portée de l'amateur.
. L'avantage : vous choisissez les paramètres. L'inconvénient : la qualité de l'encodeur n'est pas excellente.
comme encodeur ! Vous téléchargez vos vidéos sur YouTube. Il est même possible d'enregistrer en direct avec votre WebCam. YouTube réalise l'encodage. L'encodage est excellent mais vous êtes limité à 10 minutes et les paramètres sont choisis par YouTube.
qui reste de loin le meilleur lecteur Multimédia. Il fonctionne sous Linux ou Windows. Il permet de lire les fichiers .flv plein écran.
qui vous permet soit de télécharger directement soit d'installer une extension de Firefox pour détecter les vidéos sur les pages web et les enregistrer en local.Avec YouTube, c'est facile, il s'occupe de tout. Il suffit de télécharger votre vidéo dans pratiquement n'importe quel format sur leur serveur et d'attendre quelques minutes. Ensuite vous visionnez le résultat en ligne. Si c'est bon, vous publiez votre vidéo (voir plus loin) ou vous la téléchargez sur votre PC avec VideoDownloader.
Avec un encodeur, il faut comprendre les paramètres qui influent sur la qualité finale de la vidéo. A titre d'exemple, voici les paramètres requis par Riva FLV Encoder.
La manière la plus simple consiste à utiliser YouTube comme serveur vidéo. Dans ce cas, YouTube vous fournit deux moyens de référencer votre Vidéo.
<object height="350" width="425"> <param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/YuNrzXAAB8o"> <param name="wmode" value="transparent"> <embed src="http://www.youtube.com/v/YuNrzXAAB8o" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" height="350" width="425"> </embed> </object>
Il existe de nombreuses solutions mais il faut fabriquer votre lecteur Flash. J'ai trouvé une solution gratuite pour un usage non commercial Flash player 3.3
assez facile à personnaliser qui permet de s'affranchir complètement de YouTube si votre serveur a un débit suffisant. La vidéo ci-dessous est stockée sur mon serveur.
L'intégration de la vidéo comme du contenu dans les pages Web ouvre un nouveau champ d'applications qui va sans nul doute révolutionner la manière dont on "consomme" du contenu vidéo sur le web. Les conséquences sur les acteurs actuels, producteurs ou diffuseurs comme les chaînes de télévision seront considérables même si elles ne sont pas faciles à prédire. Le futur s'annonce mouvementé !
Jean-Paul Figer
© Jean-Paul Figer,1995-2007
Lorsque je n'écris pas des articles sur l'informatique, je travaille à Capgemini. Les opinions exprimées dans ces articles n'engagent que moi et ne représentent pas forcément la position de Capgemini.
Pour être informé des nouveaux articles de ce site, vous pouvez vous inscrire (et vous désinscrire) ici.